Lumea Noua

Séance 5 - Mémoires

La pieuvre et le traître prêtre

Aventuriers présents : Amalia, Fëaelda, Fenril, Fraethor, Zanthia

Zanthia passa les doigts sur la cicatrice en bas de son ventre. Elle n’était plus douloureuse mais elle n’avait réussi à être entièrement effacée malgré les soins prodigués par les prêtres de Fayum. Elle resta songeuse quelques temps, la plume à la main, avant de se mettre à coucher ses aventures de la journée dans son petit cahier.

Après l’échappée mouvementée et dramatique d’aujourd’hui, nous n’avons même pas eu le temps de pleurer Kyo qui était mort en héros pour nous permettre de nous enfuir.
L’homme masqué que nous avons ramené sur le bateau n’était autre qu’ Amenemhat, le pharaon de Fayum. Après de rapides explications, nous avons compris qu’il avait été trahi par Oenas puis enfermé dans le cachot où nous l’avons trouvé. Les nouveaux lieutenants de l’Apysa se sont entretenus avec le pharaon et Olegon pour décider de la suite des évènements et il a été convenu de retourner à Fayum pour confondre le traître et restituer à Amenemhat la place qui lui revient.

Olegon nous a alors proposé d’utiliser l’ Ilus, un submersible, pour nous permettre d’approcher du village le plus discrètement possible sans déclencher l’alerte. Ce que nous avons bien évidemment accepté.
L’Ilus avait une forme de crabe géant, j’ai été impressionnée par la qualité de la ressemblance mais autant il paraissait grand de l’extérieur, autant l’intérieur était particulièrement exigu. Olegon a estimé qu’il nous faudrait à peu près 30h pour remonter le fleuve par le fond et arriver jusqu’à Fayum.

Fraethor, un jeune paladin qui était resté discret jusqu’à présent, s’est joint à notre groupe pour la mission et nous avons embarqué à 6 dans l’Ilus (Amalia, Fëaelda, Fraethor, Fenril, Amenemhat et moi).

Autant vous dire que le voyage ne fut pas de tout repos. Nous avons d’ailleurs bien failli ne pas partir quand nous avons découvert une fuite une fois l’Ilus mis à l’eau, mais grâce aux talents d’ Amalia, elle a vite été colmatée. L’habitacle était beaucoup trop petit pour contenir correctement 6 personnes et fourmis et courbatures se sont rapidement fait sentir. D’ailleurs, on avait beau être sous l’eau, il faisait une chaleur écrasante dans l’Ilus et après seulement 4h de voyage, nous avons du faire une pause tellement l’atmosphère devenait irrespirable.

Nous en avons profité pour discuter un peu de notre plan d’attaque à l’abri de la mangrove. La palissade autour de Fayum devait faire entre 3 et 4m de haut et n’était a priori pas cassable aisément. Fenril avait quant à lui une solution à nous proposer : il pourrait se faire léviter et nous faire entrer un à un dans l’enceinte du village. Ce qui nous paraissait raisonnable.
Encore fallait-il arriver au village, ce qui n’était pas gagné.

Vers 4h du matin le lendemain, j’ai estimé que nous étions à environ 5-7h d’arriver au village. Nous avons alors décidé d’accoster et de nous reposer jusqu’à la nuit. Cela devenait particulièrement nécessaire pour Amalia et Fëaelda qui semblaient épuisée. Hormis la visite d’une panthère qui a vite déguerpi pendant le tour de garde du magus, notre sommeil n’a pas été troublé et tout le monde a pu reprendre des forces.

Nous avons repris la route après midi et nous sommes arrivés sans encombre au niveau du lac. A ce moment, nous avons été surpris de nous rendre compte que le sol descendait en pense et nous avons commencé à nous retrouver dans le noir le plus complet. Après avoir percuté ce qui semblait être un rocher, une nouvelle fuite est apparue dans l’Ilus et Amalia a pu la réparer une fois de plus. Craignant de n’abîmer plus notre véhicule, nous avons allumé les lumières. Peu de temps après, il nous a semblé sentir que l’Ilus n’avançait plus, et qu’une tension s’exerçait sur ses parois. C’est alors que nous avons remarqué avec horreur qu’une énorme ventouse était collée à notre hublot, laissant présager la taille de la pieuvre qui avait décidé de nous prendre pour repas.

Nous avons entendu un craquement sinistre et 3 brèches sont apparues dans la coque, desquelles l’eau s’est engouffrée pour commencer à remplir rapidement l’habitacle. Amalia ne pouvait rien faire et nous regarda d’un air désolé et dépité. Fëaelda actionna la manette pour faire remonter l’Ilus malgré l’étreinte tandis que Fenril et Fraethor ont commencé à manipuler les commandes des pinces de notre submersible et alors que l’eau continuait de monter dans la cabine, ils ont réussi à tuer la pieuvre. Mais nous n’étions pas encore sorti de la berge de l’auberge. J’ai tenté de colmater quelques brèches avec de la glace alchimique, ce qui a permis de nous donner un peu de sursis avant de devoir quitter l’embarcation, mais l’eau continuait de monter dangereusement. J’ai tenté d’ouvrir l’écoutille mais la pression de l’eau était trop forte, ce qui ne signifiait qu’une seule chose : je devais attendre d’être moi-même sous l’eau avant de réussir à l’ouvrir !

J’ai alors vite avalé un extrait que j’ai eu la présence d’esprit de préparer aujourd’hui. C’était la première fois que j’avalais cette décoction et même si j’en connaissais les effets théoriques, j’ai été surprise de voir des filaments pousser entre mes doigts, puis commencer à s’épaissir jusqu’à donner à mes mains l’apparence de palmes. Un rapide coup d’oeil à mes bottes me fit remarquer que mes pieds palmés avaient carrément fusionné avec !
Il était temps de sortir de l’Ilus. Juste derrière fois se trouvait Amenemhat que j’ai aidé à sortir. Agile comme une anguille, Fëalda a réussi à sortir sans encombre mais juste derrière elle, Amalia semblait rencontrer plus de difficultés. . J’ai à peine eu le temps de l’aider à s’extraire que l’Ilus qui flottait entre deux eaux s’est mis à sombrer au fond du lac. Me rappelant que le paladin avait une armure et qu’il risquait de ne pas réussir à nager, j’ai plongé dans les profondeurs pendant que Fëaelda aidait Amalia au bord de l’asphyxie à remonter à la surface.
Fenril, qui avait réussi à sortir, était resté près de l’ouverture de l’écoutille. Fraethor, encore à l’intérieur, se débattait avec son armure et n’arrivait pas à sortir du submersible. Peut-être était-ce la panique, mais ses gestes lourds n’aidaient pas à la manœuvre. J’ai alors enduit l’ouverture d’une couche de graisse poisseuse. A peine l’avais-je appliquée qu’elle commençait à se dissoudre dans l’eau mais cela suffit pour faire sortir Freathor qui s’extirpa par l’ouverture.
Fenril a alors pris le relais et l’a porté jusqu’à la surface, visiblement sous l’effet d’un quelconque sort.

Une fois à la surface, tout le monde avait l’air à peu près en forme. Nous étions à moins d’une centaine de mètre de la berge et nous avons nagé sans nous faire repérer. Nous nous sommes rapidement enfoncés dans la forêt et nous avons enfin pu reprendre notre souffle et nous remettre de nos émotions.

Nous avons mis nos vêtements et notre équipement à sécher quelques heures avant de reprendre le chemin une fois la nuit tombée pour de bon. Nous en avons profité pour peaufiner notre plan d’attaque.

Nous sommes arrivés sans encombre (pour une fois!) aux abords de Fayum. Tout était calme et le seul bruit qui venait troubler la nuit était celui de la jungle qui nous entourait. Fenril a incanté le sort de lévitation et il s’est alors élevé dans les airs. Cela lui a permis de nous faire passer un à un par dessus la palissade et personne à l’intérieur du village n’a semblé nous avoir remarqué.
Nous étions alors juste derrière la demeure du pharaon. Amenemhat nous a alors expliqué rapidement que pendant que nous allions tenter de capturer l’imposteur, il allait chercher de l’aide auprès de personnes de confiance.

Nous avons attendu d’une ronde passe pour nous diriger vers l’entrée de la maison. La porte était fermée. J’ai alors montré une nouvelle corde à mon arc en crochetant habilement la porte et nous sommes tous entrés rapidement dans le bâtiment. Il faisait noir et on ne voyait rien du tout. J’ai alors sorti ma torche ioun et c’est alors avec horreur que j’ai vu un nécrophage me foncer dessus et tenter de m’attaquer ! Et il n’était pas seul ! Dans un coin de la pièce se tenait un immonde golem de chair et le rictus sur son visage ne laissait aucun doute sur ses intentions.

J’ai esquivé de peu l’attaque du nécrophage et j’ai réussi à me mettre un peu en retrait pendant que Fenril dont l’arme émettait des éclairs et Fraethor dont l’aisance au combat contrastait avec la lourdeur de son équipement l’ont rapidement mis à terre. Je me souviens d’ailleurs avoir été impressionnée par la puissance des coups portés et être soulagée de savoir que le monstre ne pourrait pas m’attaquer plus. Au même moment, le golem s’en était pris à Fëaelda qui s’est effondrée par terre. J’ai vu Amalia, dépitée, lancer un sort de feu qui est resté sans effet sur le golem (à part peut-être le ralentir) et j’ai fait à peu près la même tête que la magicienne quand je me suis rendue compte que mes bombes ne lui faisait guère plus d’effet. Pendant que Fenril et Fraethor se tournaient vers le golem pour l’attaquer, j’ai foncé vers Fëaelda pour lui faire avaler un extrait de guérison. En passant près du golem, je me suis d’ailleurs prise un énorme coup de poing et j’ai limite été sonnée. L’extrait n’a pas suffi à ranimer la rôdeuse mais au moins je savais qu’elle ne craignait plus rien.. pour l’instant. Du coin de l’oeil, j’ai vu Amalia disparaître littéralement. J’ai compris qu’elle était devenue invisible et j’ai entendu derrière moi une porte s’ouvrir puis se refermer.

Pendant que je veillais sur Fëaelda, Fenril et Fraethor ont fini d’achever le golem, non sans difficulté. Mais là il fallait faire vite. Avec le vacarme que nous venions de faire, nul doute que s’il y avait des personnes à l’étage, ils nous avaient entendus et la dernière chose que nous voulions, c’est qu’ils s’enfuient et préviennent tout le village. Après une rapide canalisation de Fraethor qui a permis à Fëaelda de reprendre connaissance et quelques soins grâce à la baguette magique de la rôdeuse, nous nous sommes dirigés vers la porte qu’avait vraisemblablement empruntée Amalia. Nous avons d’ailleurs croisé (croisé est un bien grand mot puisqu’elle était invisible) la magicienne dans les escaliers qui nous a alors chuchotés qu’elle avait entendu du bruit dans une des deux pièces.

Sans perdre de temps, Fenril a ouvert la porte. Difficile de décrire la pièce tellement il y régnait un désordre sans nom. L’occupant de la pièce avait apparemment pris tout ce qui lui était passé sous la main (meubles, mobilier, et autres objets) pour confectionner des barricades. Et nous ne voyions rien ni personne. Fenril s’est avancé dans la pièce et nous a fait comprendre qu’il avait détecté une présence magique dans le fond de la pièce. A peine eut-il fini qu’il s’est fait attaqué par un cobra. Au gémissement qu’a poussé le magus, nous avons tous compris qu’il avait été mordu mais sans voir ce qu’il s’était passé car il s’est déplacé dans la pièce et le cobra l’a suivi. Fraethor est entré à son tour et pendant qu’ Amalia et moi tentions toutes les deux d’attaquer le serpent à distance, ce dernier a trouvé une faille dans l’armure du paladin et a réussi à y glisser ses dents. Il a fallu attendre que Fëaelda s’attaque elle-même au serpent pour qu’on réussisse enfin à s’en débarrasser.

Nous avons alors tous distinctement entendu quelqu’un au fond de la pièce incanter un sort. Amalia a fait apparaître entre ses mains une énorme boule de feu. L’effet pyrotechnique était vraiment de toute beauté et la magicienne a projeté violemment la sphère dans le fond de la pièce. Dans la foulée, j’ai lancé une bombe au même endroit sans vraiment savoir si cela avait eu de l’effet.

Impossible pour moi de vous raconter la suite du combat. Tout n’est qu’un mélange de souvenirs flous et incohérents. Après coup, je sais que nous avons été victimes d’un sort de confusion et au vu du matériel qu’il me manquait pour fabriquer mes bombe et des traces dans la pièce que nous avons pu inspecter plus tard, je n’ai visiblement pas lancé les bombes au bon endroit et mes amis ont plus souffert de mon habileté que notre ennemi au fond de la pièce. La seule chose donc je me souviens distinctement, c’est la douleur qui m’a vrillée le ventre lorsque Fëaelda m’a enfoncée sa lame dans le bas du ventre. En observant la cicatrice qu’il me reste, je me dis que 2 cm à côté, elle me sectionnait une artère et je ne serais pas là en train de raconter mes aventures.

Nous ne devons notre survie qu’à l’arrivée miraculeuse d’ Amenemhat dans la pièce. Grâce à ses puissants sorts de prêtre, il a réussi à nous libérer de l’emprise de celui que nous combattions et dont nous découvririons bientôt l’identité. Il ne s’agissait ni plus ni moins que d’ Oenas qui avait pris l’apparence du pharaon. Amenemhat s’est précipité vers Fraethor qui gisait par terre (à cause de moi ? Je ne me souviens plus. Mais les traces de brûlure sur son armure me laissent à penser que oui). La jambre du paladin semblait rougeoyer près de la morsure et après un soin du pharaon et de la rôdeuse, il s’est relevé et le rougeoiement s’est arrêté.

Dans la confusion la plus totale, Fenril a réussi à tuer Oenas l’imposteur (qui a repris sa véritable apparence) avant de s’effondrer lui-même au sol. Un soin plus tard, il réussi à se relever… avant de tomber à nouveau au sol, inconscient. Comprenant qu’il avait été victime des mêmes effets que la morsure de Fraethor, j’hurlai à mes camarades de verser de l’eau sur la blessure. Cela eut l’effet escompté immédiat. Le magus était tiré d’affaire.

Je vous passe les détails (d’aucuns diraient que c’est déjà trop tard), mais nous avons découvert après dans une cave de nombreux cadavres étripés et démembrés. Ils avaient visiblement servi à construire le golem de chair, mais c’est un genre de blessure, semblable à celle qu’ Amenemhat avait que nous avons compris qu’ Oenas s’était servi de villageois pour être les hôtes de parasites.
Amenemhat nous a alors expliqué que, dans le but de détruire le monde (et en particulier les Y), Oenas aurait invoqué l’aide du dieu Seth et qu’elle se serait matérialisée sous la forme d’un Xill, une sorte de démon extraplanaire qui peut pondre ses œufs dans ses victimes. Quand les œufs éclosent, les rejetons dévorent leur hôte de l’intérieur et quand il meurt, ils partent dans le plan éthéré. Amenemhat a estimé qu’il y en avait au moins 8 au vu des traces sur les cadavres.

Jamais nous n’aurions pensé que le pharaon nous demanderait une fois de plus notre aide. Alors que nous étions persuadé que nous pourrions reprendre notre voyage sur l’Apysa, il nous a annoncé qu’il voudrait nous envoyer dans ce fameux plan éthéré pour combattre les Xill et éliminer toute menace sur notre monde. Et que cela bien sûr devait passer par l’élimination du Xill primordial. Rien que ça.

Zanthia reposa sa plume près du cahier. Il était tard mais elle était satisfaite d’elle-même. Elle se coupa une fine mèche de cheveux et la plaça entre les pages de son cahier. Elle prit quelques minutes de plus pour relire ses notes sur les nouvelles plantes qu’elle avait découverte depuis sont départ de Joayhu. Peut-être que parmi elles se trouvait celle qui allait enfin pouvoir guérir sa mère Brandywine. Elle se demandait comment elle allait et si son père Kallak tenait le coup.

Ses yeux se fermaient lentement, la fatigue commençait à prendre le dessus. Demain serait sûrement une journée encore plus éprouvante que celle qu’ils venaient de vivre. Elle se leva et se dirigea vers son lit dans lequel elle s’installa confortablement. La dernière pensée qu’elle eut avant de sombrer dans le sommeil fut pour Marko, son fiancé qui lui manquait terriblement.

Comments

guiguibellos Tom_Tokyo

I'm sorry, but we no longer support this web browser. Please upgrade your browser or install Chrome or Firefox to enjoy the full functionality of this site.